Lelision

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Vos histoires nature

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Histoire de canne

C’était un soir d’hiver, en 1997. Enfin, soir, non, début de soirée, mais, hiver oblige, il faisait déjà nuit et froid. Très froid, même, une épaisse couche de neige recouvrait tout, le ruisseau derrière chez nous était entièrement gelé, il ne l’est entièrement que lorsqu’il fait constamment au moins -10°, même si c’était un petit ruisseau et que, souvent, il n’a que peu d’eau, comme il reste en mouvement, le geler complètement prend du temps, et si les températures remontent durant la journée, le gel fait vite place à l’eau.
Alors que nous étions en train de jouer nos dernières heures dehors, mon regard se figea sur une masse sombre, lovée dans la neige. Qu’était-ce ? Une canne ! Et, étrange, elle ne s’envolait pas... Très étrange. Nous l’avons donc approché pour voir ou était le problème, et avons même réussis à la prendre dans les bras, pour la ramener chez nous. Affaiblie, elle ne riposta quasiment pas. Une fois chez nous, nos parents, après une rapide analyse, purent déterminer le mal qui la paralysa : une de ses pattes était cassée.

Ils lui mirent donc une attelle pour maintenir sa patte cassée, et, en attendant, nous la mettions dans la cave, la nourrissant le plus régulièrement possible. Quelques temps après, nous avons été chez le vétérinaire afin qu’il l’analyse au mieux, et qu’il refasse son attelle de manière plus appropriée, celle que nous avions faite étant trop grosse pour un animal si petit.
Que ces instants étaient magiques ! La canne se défendait bien souvent, mais ses coups de becs arrondis et ses pincements ne nous empêchaient heureusement pas de venir la soigner. Les chats, sentant l’odeur forte de la canne, voulaient souvent venir lui rendre visite, mais, évidemment, nous ne les avons pas laissés rentrés une seule fois dans la pièce ou on la maintenait.

Je ne sais plus trop combien de temps nous l’avons gardé, je pense 1 ou 2 mois, dans l’attente que sa patte guérisse et qu’il fasse moins froid. Puis ce fut sa libération. Un petit pincement au cœur, bien sûr, mais très petit, cette canne étant sauvage, il aurait été absurde de la garder, son domaine, c’est la liberté, et non pas une pièce exiguë sans ses siens.
Nous la relachimes donc, dans le ruisseau derrière chez nous, et bien vite, repris ses habitudes de cannes, à fouiller dans la vase, puis à partir faire sa vie.

Pour la suite, c’est difficile à dire. Nous revumes plusieurs fois des canards et des cannes dans le ruisseau, difficile de dire que la "notre" était revenu nous voir. Mais j’ai le sentiment que si. Car généralement, les canards et cannes fuient rapidement dès qu’ils nous voient, et ne s’approchent que rarement, même si on leur lance du pain, ils préfèrent le prendre à distance, et c’est souvent le mâle qui prend l’initiative de s’approcher un peu, suivi de la femelle.
Peu de temps après avoir relâché la canne, une canne survint assez régulièrement dans le ruisseau, d’abord seule, puis accompagnée, et cette fois, ce fut régulièrement la canne qui s’approchait plus rapidement que le canard. Par la suite, elle revint avec ses canetons, et ce fut un bonheur de voir ce spectacle, de voir qu’elle a pu entièrement retrouver sa vie de canne, même si, encore une fois, rien ne nous prouve que c’était la canne que nous avions sauvé...

Depuis, difficile de dire si elle revient encore dans notre coin ; ça reste possible, l’espérance de vie des canards étant d’une vingtaine-trentaine d’années, l’histoire datant de 15 ans, ça reste possible, toujours est-il que ce fut une histoire vraiment plaisante à vivre.

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Date de rédaction : 28 août 2013

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